Le nouveau flanc serbe de l’Union Européenne

jeudi 20 août 2015.

Il y a deux semaines environ qu’il a été inauguré, le haut grillage déroulé par le gouvernement hongrois tout le long de la frontière avec la Serbie, pour endiguer l’afflux de Syriens (et sans doute de Kurdes parmi eux) qui fuient les zones de guerre en remontant vers le nord de l’Europe. À l’heure où, aujourd’hui même, le gouvernement macédonien décrète l’état d’urgence sous l’impact de ce flux désormais massif et mobilise les forces armées, voici les Balkans en connexion directe avec le théâtre de la guerre proche-orientale. Par ces basculements, simultanés aux drames de l’entassement et du passage en force des migrants et des réfugié libyens et autres sur l’axe ferroviaire franco-anglais, les diverses autorités nationales du grand espace européen mettent à l’ordre du jour une stratégie de fermeture, de longue haleine même si tout d’abord improvisée. Ceux qui se souviennent que la Hongrie, durant tout l’été 1989, avait activement contribué à l’effondrement du glacis soviétique en accueillant sur son territoire les Allemands de l’Est qui passaient en masse le Mur, ceux-là sauront apprécier comment l’Histoire soigne ses effets et ses messages. La serrure hongroise, aujourd’hui, agit comme en sens inverse du déverrouillage de 1989 ; mais la symétrie, sinistre, en dit long sur le sens et la gravité de la crise en cours.


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